Le monde est en train de se priver d’une ressource inexploitée.

Voici ce qu’a avancé Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum Economique Mondial, au lancement du Rapport mondial sur la parité entre les genres 2017.

Et malgré une lente, mais stable, progression en matière d’égalité entre les sexes au cours de la dernière décennie, 2017 n’a pas été un succès.

En réalité, l’écart entre les hommes et les femmes en matière de santé, d’éducation, de politique et d’économie, s’est creusé pour la première fois depuis l’ouverture des recherches en 2006.

« Surmonter les préjugés, invisibles ou non, qui nous empêchent de réduire l’écart entre les sexes représente un impératif écrasant, aussi bien économiquement que moralement », explique le Professeur Schwab.

Quest-ce que l’écart entre les genres?

L’écart entre les genres est la différence entre les hommes et les femmes dans les réalisations ou les attitudes sociales, politiques, intellectuelles, culturelles ou économiques.

L’Indice mondial de l’écart entre les genres a pour but de mesurer cet écart dans quatre domaines : la santé, l’éducation, l’économie et la politique.

L’écart en matière d’économie, par exemple, est la différence de salaire entre les hommes et les femmes, le nombre de leaders et la participation sur le lieu de travail.

Le domaine de l’éducation englobe l’accès aux niveaux d’enseignement de base et supérieurs, tandis que la santé se penche sur l’espérance de vie. La politique examine la différence de représentation des hommes et des femmes au sein des organes décisionnels.

Dans la mesure où le rapport mesure ces différences indépendamment des niveaux de revenus globaux, certains pays relativement pauvres peuvent obtenir de bons résultats sur l’indice.

Par exemple, le Rwanda et le Nicaragua se situent dans le top 10. Cela montre que ces pays distribuent relativement bien leurs ressources et leurs opportunités.

Mais l’absence des pays industrialisés majeurs — les pays membres du G20 — dans le top 10 montre que le pouvoir économique n’est pas nécessairement la recette d’une meilleure égalité entre les sexes.

L'Islande est le pays où l’égalité entre les genres est la plus respectée du monde depuis neuf ans. Cela exprime une tendance des pays nordiques à réussir particulièrement bien dans ce domaine.

Mais le Pakistan, le Yémen, l'Iran, l'Arabie Saoudite et la Syrie ont tous atterri dans les dix derniers du classement sur les 144 pays examinés.

En moyenne, les 144 pays présents dans le rapport ont pratiquement comblé l'écart en matière de santé et de niveau d’éducation. Mais les inégalités restent larges en termes de participation politique et économique.

Les pays doivent prêter attention à l'écart entre les sexes pas uniquement parce que cette inégalité est intrinsèquement injuste.

Mais aussi car de nombreuses études suggèrent qu'une plus grande égalité entre les genres pourrait conduire à une meilleure performance économique.

Le rapport cite des estimations récentes d’après lesquelles la parité économique entre les sexes pourrait ajouter 250 milliards de dollars au PIB du Royaume-Uni, 1 750 milliards de dollars à celui des États-Unis et 2,5 billions de dollars au PIB de la Chine.

Au rythme auquel se déroule le progrès, il faudrait 100 ans pour combler l'écart global entre les hommes et les femmes, tandis que l'écart sur le lieu de travail ne sera pas comblé que dans 217 ans.

C'est un écart que le monde ne peut pas se permettre d'ignorer.