Il est annoncé comme le « kit de survie juridique des femmes modernes (ou non !) ». Elles Law est un site internet lancé par six futures avocates, étudiantes à l’école de Strasbourg. Si elles ne font pas de consultation (légalement, elles n’en ont pas le droit), elles comptent répondre à toutes les questions juridiques que peuvent se poser les femmes au quotidien. Que faire en cas de harcèlement ? Comment se protéger d’un licenciement pendant sa grossesse ? Comment choisir sa procédure de divorce ? Le tout, sur une tonalité légère empruntée à la presse féminine.

Le site a été mis en ligne le 8 mars dernier. Journée internationale des droits des femmes. Vraiment pas un hasard. « Nous avions envie de répondre à un besoin. » « Nous », c’est un groupe de six élèves avocates. Rencontrées sur les bancs de l’école de Strasbourg, les étudiantes font un double constat : « il y a un réel besoin de conseil juridique de la communauté féminine qui ne se tourne pourtant que rarement vers les professionnels du droit, et notamment les avocats ; d’un autre côté, la profession a besoin d’être revalorisée auprès du grand public », explique Léa Rudloff, l’une des instigatrices de Elles Law, un blog juridique grand public à destination des femmes.

C’est un concours qui fait passer les six étudiantes de l’idée à sa réalisation. « Nous avons participé au concours Projet innovant du Conseil National des Barreaux qui récompense les projets d’élèves avocats ou de jeunes avocats, et nous sommes allées jusqu’en finale », indique Léa Rudloff.

Boîte à suggestions

Le concept est simple : un site composé de rubriques (amenées à évoluer) pour traiter toutes les problématiques que peuvent rencontrer les femmes, que ce soit sur leur lieu de travail, au sein du couple, à propos de leur enfant ou de leur corps. Comment choisir sa procédure de divorce ? Que faire en cas de harcèlement ? A quoi sert la protection juridique ? Autant de questions auxquelles les étudiantes répondent, au rythme d’une publication par semaine. Le tout accompagné de dessins réalisés par deux étudiantes.

« Au départ, nous écrivions sur ce qui nous touchait. A présent, nous avons aussi mis à disposition une boîte à suggestions », précise la future avocate. Les thèmes qui suscitent le plus de demandes : le droit de la famille à propos des divorces et des gardes d’enfants, le droit du travail (embauche, licenciement, salaire) et le droit pénal quand il s’agit de porter plainte. Mais attention, souligne Léa Rudloff, pas question de faire des consultations. N’étant pas encore avocates, les étudiantes n’ont légalement pas le droit de traiter des cas spécifiques. En revanche, si une femme leur écrit en leur parlant de sa situation, « nous traitons la thématique générale », précise l’élève-avocate.

Côté juridique, pas de risque : « nous avons toutes au moins cinq ans de droit derrière nous et dans un an nous serons amenées à exercer », ajoute la jeune femme selon laquelle l’école de Strasbourg soutien la démarche initiée en son sein. De plus, les articles ne donnent que les premières pistes à suivre et n’ont pas pour ambition de régler un problème. « Nous voulons aussi faire comprendre aux lectrices que dans certaines situations il est indispensable de faire appel à un avocat. »