L'éducation des jeunes hommes sur les droits des femmes est une étape cruciale pour mettre fin à l'inégalité entre les sexes, a déclaré Malala Yousafzai lors d'une session à Davos.

"Quand nous parlons du féminisme et des droits des femmes, nous nous adressons aux hommes", a-t-elle dit.

"Les hommes ont un grand rôle à jouer...Nous devons apprendre aux jeunes garçons à devenir des hommes. Pour être un homme, vous devez admettre que toutes les femmes et tous ceux qui vous entourent ont des droits égaux et que vous faites partie de ce mouvement pour l'égalité. "


Il y à cinq ans, Malala Yousafzai a été blessée par balles à la tête par des talibans, dans son Pakistan natal, pour s'être insurgée contre l'interdiction des femmes d'aller à l'école. Depuis, elle est devenue la plus jeune personne à recevoir le prix Nobel de la paix, a écrit deux livres et a obtenu une place pour étudier à l'Université d'Oxford.

En janvier 2009, alors que Malala n'avait que 11 ans, les talibans annonçait alors qu'aucune fille n'était autorisée à aller à l'école. A ce moment, elle réalisa que l'éducation "ne se limite pas à lire des livres et à faire ses devoirs", a-t-elle déclaré. "Il s'agit de l'autonomisation des femmes, et les extrémistes l'ont réalisé avant tout le monde.

"Ils savaient que les femmes deviennent autonomes grâce à l'éducation. Ils n'avaient rien contre les livres et autres, en réalité ils étaient contre l'autonomisation des femmes, l'égalité femmes-hommes, les femmes qui travaillent, les femmes indépendantes, les femmes prenant leurs propres décisions. Ils ont su reconnaître l'importance de l'éducation des femmes, ce que malheureusement de nombreux leaders ne font pas. "

Un modèle à suivre

Nous avons besoin de plus d'hommes pour penser et agir comme son propre père, dit-elle.

"Mon modèle a toujours été mon père. Quand nous parlons du féminisme avec des hommes, il est l'exemple que je donne. Il défiait la société, il défiait les normes et il contestait les tabous à chaque moment de sa vie... Il était une féministe qui agissait, et si il ne m'avait pas donné son accord, je ne serais pas là. Il y avait beaucoup de filles qui voulaient parler, mais leurs parents les ont arrêtées."

Par ailleurs, pendant la session, il a été rappelé à Malala qu'elle avait déjà dit que le féminisme était un mot délicat. Qu'est ce qui a changé?

"J'ai essayé de pendre de la hauteur, et j'ai réalisé que le féminisme était un synonyme de l'égalité, or personne ne devrait s'opposer à l'égalité. Quand vous parlez des droits des femmes, vous devenez féministe, que vous le vouliez ou non.

A propos des mouvements actuels revendiquant les droits des femmes comme #timesup ou #Metoo, elle a déclaré: "Un mouvement se développe. Les femmes réalisent que leurs voix sont cruciales pour amener le changement qu'elles espèrent. J'ai dit il y a longtemps, lors d'un discours des Nations Unies, que nous voulions d'abord que les hommes fassent quelque chose pour nous, mais ce le temps est révolu, nous n'allons pas demander aux hommes de changer le monde, nous le ferons nous-mêmes."


"Je ne peux pas à moi seule envoyer toutes les filles à l'école, c'est impossible", a poursuivi Malala. Éduquer les filles est une responsabilité collective, et nous devons tous réaliser que nous avons un rôle à jouer, y compris les leaders mondiaux".

"Je n'ai pas rencontré un seul Premier ministre qui n'aurait pas envoyé ses propres enfants à l'école", a-t-elle déclaré. "Tous envoient leurs enfants à l'école, leurs enfants vont à l'université, ils n'ont pas besoin d'explication sur l'importance de l'éducation. Mais quand il s'agit du reste des enfants du monde, ils ne se démènent pas, ou peu. Donc, vous devez continuer à le leur rappeler."