Le Cap fait face à l’une de ses plus importantes crises environnementale, sanitaire et sociale de son histoire et se dirige vers un arrêt total de l’approvisionnement en eau des domiciles de ses 4 millions d’habitants. Capitale de l’unique région non gouvernée par l’ANC, Le Cap ne peut attendre aucun secours de Pretoria et a mis en alerte son centre de gestion de désastre.

La capitale législative d'Afrique du Sud, Le Cap fait face à une sécheresse sévère depuis quelques mois. Une situation qui pourrait faire de la cité, la première mégalopole au monde à faire face à une panne sèche d'eau potable. La municipalité du Cap (l'une des rares à ne pas être contrôlées par l'ANC, le parti au pouvoir) s'est vue obligée à activer le 29 janvier, son centre de gestion de désastre.

« Jour zéro »

Ce centre compte parmi ses missions, la gestion du dispositif d'urgence « Jour Zéro ». Ce nom de code représente le script prévu par la ville pour le jour où les réserves d'eau du Cap atteindront la barre fatidique des 13,5% de leurs capacités. Ce qui était jusque là un scénario catastrophe, passe au champ du réel disposant même d'une date pour être activé, le 12 avril prochain.

L'activation de ce protocole d'urgence, signifie l'arrêt total de l'approvisionnement en eau courante dans une ville qui compte un peu plus de 4 millions d'habitants selon le recensement de 2011. La première mesure du « Jour zéro » prévoit l'activation de 200 points de distribution d'eau à travers le territoire de la métropole. Ces points auront la lourde tâche de fournir une ration minimum d'eau aux habitants. En attendant les habitants devront dès le premier février limiter leur consommation à 50 litres d'eau maximum par jour et par personnes.

Une mesure qui ne risque pas de servir à grand choses vu que la municipalité n'a aucun moyen pour contrôler le respect du rationnement. Seule ville dont la région (Cap Occidental) est entièrement contrôlée par le parti sud-africain d'opposition, l'Alliance démocratique, Le Cap devra faire face à cette crise environnementale, sanitaire et sociale sans précédent, sans soutien du gouvernement central contrôlé par l'ANC.

Pretoria regarde ailleurs

La ministre sud-africaine de l'Eau et de l'Assainissement, Nomvula Mokonyane a annoncé lors d'une visite au Cap que l'exécutif n'avait pas prévu d'affecter des fonds à la réduction de la réduction de la sécheresse dans la province du Cap Occidental. La première destination touristique du continent semble condamnée à subir de plein fouet les effets de la pire sécheresse qu'elle ait connue, alors que la saison des pluies hivernales n'est attendue que dans 4 mois.

Ce qui est sûr, c'est que les utilisateurs d'eau, urbains et agricoles, auraient déjà dépassé leur consommation d'eau pour l'année hydrologique, selon le département de l'eau et l'assainissement. « C'est pourquoi nous avons déjà "débranché" du réseau les utilisateurs d'eau agricole », a précisé la direction du département chargé de l'eau et de l'assainissement. Pour l'heure, la municipalité et le gouvernement de l'Etat n'ont annoncé aucune mesure autre que le « Jour zéro » où la ration quotidienne en eau devra passer à 25 litres.