Avec le plan Vision 2030, le Prince héritier Mohammed Bin Salman aspire à moderniser son royaume, tout en se gardant une porte de sortie à la pétro-dépendance.

Cela passe par des restructurations économiques et par la diversification des sources de revenus, notamment en investissant dans le secteur des énergies renouvelables, des nouvelles technologies, celui du tourisme, ainsi que la culture et le divertissement. Par ailleurs, les autorités saoudiennes ont dévoilé un plan de 64 milliards de dollars, étalé sur dix ans, consacré au développement du secteur de la culture et du divertissement.

Une Arabie-Saoudite qui se veut moderne et branchée

Après des années de politique sociétale ultra rigide, le royaume semble enclin à plus d’ouverture et de souplesse. L’année dernière, un décret autorisait enfin les femmes saoudiennes à conduire, cette décision va au-delà du simple droit à la conduite, et constitue une révolution pour la condition féminine du royaume, car les saoudiennes n’auront pas besoin d’obtenir l’accord de leur tuteur légal pour passer leur permis de conduire et la présence de ce dernier ne sera pas requise lorsqu’elles seront au volant.

Début 2018, pour la première fois dans l’histoire du royaume, des femmes étaient autorisées à assister à un match de foot, elles étaient plus de 300 à avoir tenté cette nouvelle expérience.

Cette semaine, après plus de 35 ans d’interdiction, à Riyad, en plein cœur de la capitale, s’ouvrait une salle de cinéma. Une trentaine d’autres salles seront ouvertes à travers le royaume. Cette décision marque un réel tournant dans la société saoudienne, car elle signe une rupture avec les autorités religieuses ultra-conservatrices. Qui plus est, le tabou de la mixité est peu à peu en train de s’éroder, puisque ces salles ne pratiquent pas la séparation hommes/femmes.

Comme si le pays se réveillait après une longue léthargie, nous sommes témoins d’un renouveau -ou de la naissance- d’une vie culturelle foisonnante ; ces derniers temps, l’Arabie Saoudite multiplie sur son sol concerts, pièces de théâtre et spectacles de danse.

L’actualité récente du pays est ponctuée par des « pour la première fois » : Il y a quelques jours, pour la première fois, le royaume autorisait un concert donné par une femme pour les femmes, la Libanaise Hiba Tawaji est ainsi la première chanteuse à avoir donné un concert en Arabie Saoudite.

De même, en février dernier, le comité saoudien de divertissement a autorisé, pour la première fois, une femme à monter sur une scène de théâtre pour jouer en même temps que les hommes.

Ainsi, le royaume wahhabite semble commencer à reconsidérer la place de la femme dans la société, mais il reste encore bien du chemin à faire, puisque la tutelle est toujours de vigueur ; les femmes doivent encore obtenir l’autorisation du tuteur masculin pour sortir, travailler, se marier, ouvrir un compte bancaire…

Le prince héritier souhaite visiblement incarner la nouvelle image de modernité et d’ouverture du pays ; lors de ses dernières visites officielles aux États-Unis et en Europe, il a troqué à plusieurs reprises le costume traditionnel contre un costume cravate à l’occidental.

Il a également rencontré les patrons des grands groupe high-tech, comme Amazon, Sony, et pris la pause en compagnie de Bill Gates, et avec le très emblématique patron de Virgin, Charles Branson.

Comme si le pays se réveillait après une longue léthargie, nous sommes témoins d’un renouveau -ou de la naissance- d’une vie culturelle foisonnante ; ces derniers temps, l’Arabie Saoudite multiplie sur son sol concerts, pièces de théâtre et spectacles de danse.

L’actualité récente du pays est ponctuée par des « pour la première fois » : Il y a quelques jours, pour la première fois, le royaume autorisait un concert donné par une femme pour les femmes, la Libanaise Hiba Tawaji est ainsi la première chanteuse à avoir donné un concert en Arabie Saoudite.

De même, en février dernier, le comité saoudien de divertissement a autorisé, pour la première fois, une femme à monter sur une scène de théâtre pour jouer en même temps que les hommes.

Ainsi, le royaume wahhabite semble commencer à reconsidérer la place de la femme dans la société, mais il reste encore bien du chemin à faire, puisque la tutelle est toujours de vigueur ; les femmes doivent encore obtenir l’autorisation du tuteur masculin pour sortir, travailler, se marier, ouvrir un compte bancaire…

Le prince héritier souhaite visiblement incarner la nouvelle image de modernité et d’ouverture du pays ; lors de ses dernières visites officielles aux États-Unis et en Europe, il a troqué à plusieurs reprises le costume traditionnel contre un costume cravate à l’occidental.

Il a également rencontré les patrons des grands groupe high-tech, comme Amazon, Sony, et pris la pause en compagnie de Bill Gates, et avec le très emblématique patron de Virgin, Charles Branson.

Promotion du divertissement, « soft gouvernance » et Blaise Pascal

Ces réformes économiques et sociétales s’accompagnent d’une réforme du discours religieux, le gouvernement saoudien prône actuellement un retour à un islam sunnite des lumières, tolérant et ouvert aux autres.

L’une des mesures qui vont dans ce sens est la minimisation du pouvoir de la Mutawa, la police religieuse chargée de faire appliquer la loi islamique, depuis 2016, celle-ci ne peut plus arrêter et détenir des personnes, son autorité se limite à la prévention et au signalement.

En outre, le gouvernement saoudien a procédé à des dizaines d’arrestations visant des leaders religieux salafistes, leurs programmes de télévision, ainsi que leurs comptes Twitter ont été supprimés.

bien entendu cela ne va pas sans quelques réticences, les ultra-conservateurs ne sont pas très enthousiastes à l’idée de ces changements sociétaux, qui fatalement réduiront leur pouvoir.

On peut légitimement se demander si la mise en place d’une société de loisir ne serait pas une manière habile de gagner l’adhésion populaire, tout en réduisant l’influence des conservateurs religieux ? Le divertissement ne serait pas dans ce cas un moyen d’exercer une « soft gouvernance » ?

L’étymologie du mot est à cet égard très édifiante ; divertissement provient du latin divertere, signifiant l’action de détourner l’attention, le terme était au départ fortement emprunt d’une connotation financière, ce n’est que plus trad qu’il a été associé à l’idée de plaisir et de loisirs.

Blaise Pascal développe l’idée selon laquelle il est nécessaire à l’homme de se distraire et donc essentiel pour lui de se détourner de l’essentiel. Le divertissement est donc indissociable de la condition humaine, tout le monde est en proie au divertissement, aussi bien le roi que le courtisan, le soldat que le laboureur. Pour cette raison, Pascal reconnaît l’efficacité et le pouvoir du divertissement sur les peuples :

« S’il est sans divertissement et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point. Il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent des révoltes qui peuvent arriver et enfin de la mort et des maladies, qui sont inévitables. De sorte que s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets qui joue et qui se divertit. » écrit-il dans les Pensées.

Cela vous semble un « peu fort de café », alors sachez que nous sommes une semaine à peine de la pose de la première pierre qui marquera le début du chantier de Quiddya, une ville culturelle et sportive dédiée au divertissement.

Avec une superficie de 334 km2, comptant hôtels, parcs d’attractions et une zone de Safari, la ville sera le plus grand parc de loisir de la région.

Ainsi, le divertissement fait office lien de cohésion sociale, tout en constituant un vecteur d’ouverture.