L’électrification des systèmes de transport devrait accélérer à la fin des années 2020, surtout pour les bus électriques, selon un nouveau rapport. Les ventes de véhicules électriques vont bondir grâce au prix décroissant des batteries et l’augmentation des capacités de production.

Bloomberg New Energy Finance explique que les ventes de véhicules électriques atteindront 11 millions en 2025, pour tutoyer les 30 millions en 2030, alors qu’ils seront moins chers que les véhicules conventionnels. En comparaison, l’an dernier, il s’en est vendu 1,1 million. D’ici 2040, les ventes auront une fois de plus doublées pour atteindre 60 millions d’unités, ce qui représentera alors plus de la moitié du marché (55 %). Les voitures électriques représenteront 28 % du marché total en 2030, alors qu’à la même période, déjà 84 % des bus seront électriques.

La Chine ouvrira la voie dans cette transition. En effet, le deuxième puissance mondiale comptabilisera la moitié des ventes dans le monde en 2025, avant de retomber à 38 % en 2030. Les bus électriques domineront le marché bien plus tôt, vers la fin des années 2020. Encore, une fois, dans ce domaine, la Chine est en avance, car de tous les bus électriques en circulation dans le monde aujourd’hui, 99 % se trouvent en Chine.

La dominance des bus électriques prendra rapidement place, car le coût d’opération d’un bus électrique devrait être moins cher que celui d’un bus traditionnel dès l’an prochain.

Cette croissance rapide signifie que la demande de pétrole pour les voitures devrait atteindre un pic en 2022, soit dans seulement quatre ans, avec 24,2 millions de barils par jour, avant de retomber à moins de 16 millions de barils par jour en 2040. Au cours des années 2020, les ventes de voitures équipées de moteurs à combustion commenceront à décliner alors que leur prix augmentera, contrairement à celui des voitures électriques. En comparaison, l’arrivée des véhicules électriques demandera 2 000 TWh d’énergie en 2030, ce qui représente une augmentation de 6 % de la demande mondiale en électricité.

Cela engendrera également une forte augmentation de la demande en lithium et en cobalt, ces deux matières premières étant nécessaires à la production de batteries. Les contraintes entourant l’offre de ces deux métaux, ajoutées à la rapidité du déploiement d’infrastructures de recharge, et à l’évolution de la mobilité partagée, pourraient ralentir la croissance du marché.

Salim Morsy, analyste spécialiste des transports, explique : « Bien que nous soyons optimistes quant à la demande en véhicules électriques pour les années à venir, nous voyons deux obstacles importants se dresser devant nous. Sur le court terme, il y a un risque de pénurie de cobalt au début des années 2020, qui pourrait ralentir la décroissance rapide du prix des batteries. Et à plus longue échéance, l’installation d’infrastructures de rechargement reste un défi ».

Colin McKerracher, analyste en chef spécialisé dans les transports pour BNEF, commente : « La nouvelle caractéristique de ces prévisions, c’est les bus électriques. La Chine mène ce marché de manière assez spectaculaire, et comptait 99 % des bus électriques dans le monde l’an dernier. Le reste du monde suivra, et en 2040, nous nous attendons à ce que 80 % de la flotte mondiale de bus municipaux soit électrique. L’évolution sur les douze derniers mois, comme les projets des constructeurs d’élargir les gammes et les nouvelles régulations concernant la pollution urbaine, soutient notre vision haussière des perspectives pour les véhicules électriques ».

Ali Izadi-Najafabadi, analyste en chef chez BNEF, spécialisé dans la mobilité intelligente, ajoute : « Nous pensons que la flotte mondiale de mobilité partagée passera de seulement 5 millions de véhicules aujourd’hui, à plus de 20 millions en 2040. D’ici là, plus de 90 % des voitures seront électriques, grâce à des coûts d’exploitation inférieurs. Les véhicules très autonomes représenteront 40 % de la flotte de mobilité partagée ».

Le rythme d’électrification des transports sera plus rapide en Europe, où 44 % des véhicules seront électriques en 2030, suivie de la Chine (41 %) et des États-Unis (34 %), alors que le Japon est à la traîne avec seulement 17 %. Le marché indien sera, quant à lui, ralenti par un manque d’infrastructures de rechargement et un faible choix de modèles abordables, alors seulement 7 % des voitures seront électriques en 2030.