Les Africains représentent plus de 12 % de la population mondiale, mais moins de 3 % des passagers à travers le monde.

L'une des principales raisons s’explique par les restrictions de visa intrarégionales. Selon l'indice d'ouverture des visas en Afrique, les Africains ont en moyenne besoin de visas pour entrer dans 55 % des États du continent.

L'Union africaine (UA) a tenté d'aborder cette question de la libre circulation dans la région au cours des 30 dernières années et a également introduit un passeport africain commun en 2016 avec l'objectif de les distribuer à tous les citoyens d'ici 2020.

Alors que le nombre de pays devenant plus libéraux a augmenté, une Afrique libre de circulation sans visa semble toujours être un rêve pour les entrepreneurs, les médecins, les travailleurs humanitaires, les professeurs d'université ainsi que les familles éloignées du continent.

Pourquoi avons-nous besoin d'une Afrique sans visa (#VisaFreeAfrica) ?

Imaginez que vous vivez au Portugal et que vous avez besoin d'un visa pour partir en vacances ou faire un voyage d'affaires en Espagne ou en Allemagne. Pour les Africains, voyager dans leur région équivaut à devoir entreprendre des formalités de visa qui prennent du temps, sont lourdes et coûteuses.

Un certain nombre de visas ne sont valables que pour un mois, rendant les visites régulièrers difficiles. Il est en effet plus facile pour de nombreux non-Africains de se rendre dans un certain nombre de pays africains. Par exemple, les voyageurs originaires du Canada et des États-Unis peuvent obtenir des visas dès leur l'arrivée dans 35 % des pays africains et voyager sans visa dans 20 % d'entre eux.

Selon la Banque mondiale, le commerce intra-africain est plus cher que le commerce dans toute autre région. Selon le rapport, une chaîne de supermarchés africaine dépense 20 000 dollars chaque semaine pour obtenir des permis d'importation, et ce seulement pour un pays.

Avantages du lever des restrictions

Les avantages d'une mobilité accrue sont nombreux. Cela a été démontré non seulement par l'accord de Schengen et le Conseil de coopération du Golfe, mais aussi par les pays africains qui ont assoupli les restrictions de visa.

Le visa Schengen, combiné à une bonne connectivité aérienne, ferroviaire et routière, a fait de l'Europe la plus grande destination touristique du monde. En 2014, près de 1,7 personnes vivant en Europe travaillaient dans un autre pays de l'espace Schengen et environ 3,5 millions de personnes franchissaient chaque jour les frontières internes de l'espace Schengen. Environ 24 millions de voyages d'affaires et 57 millions de transferts de marchandises transfrontaliers ont également été enregistrées dans l'espace Schengen cette année-là. Le commerce bilatéral net entre les pays de l'espace Schengen augmente de 0,09 % chaque année.

Le Conseil de coopération du Golfe demeure un exemple éclatant de ce qu'une région unifiée peut réaliser.

En Afrique, les Seychelles sont l'un des rares pays sans visa. Après l'adoption de cette mesure, les Seychelles ont enregistré une augmentation moyenne de 7 % par an du tourisme international dans le pays entre 2009 et 2014. Lorsque le Rwanda a aboli les permis de travail pour les citoyens est-africains, le commerce du pays avec le Kenya et l'Ouganda a augmenté d'au moins 50 %.

Intégration en Afrique - Travail en cours

Quinze pays africains dont les Seychelles, le Mali, l'Ouganda, le Cap-Vert, le Togo, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Mozambique, l'île Maurice, le Rwanda, le Burundi, les Comores, Madagascar, la Somalie et le Bénin offrent un accès libre à tous les citoyens africains.

Le Rwanda, fervent partisan d'une Afrique sans visa, permet aux citoyens africains d'obtenir un visa à l'arrivée et a vu une augmentation de 24 % de l'afflux de touristes et une augmentation de 50 % du commerce intra-africain. Le commerce avec la République démocratique du Congo a augmenté de 73 % depuis la mise en œuvre de cette disposition.

À l'échelle de la planète, le tourisme soutient 10 % des emplois mondiaux. L'ouverture des visas profite au secteur touristique du continent et peut créer de nombreux emplois plus qualifiés. Le rapport de suivi du tourisme en Afrique de la BAD souligne également qu'un système de libéralisation des visas pourrait augmenter le tourisme de 5 à 25 %. L'augmentation du tourisme donnerait lieu à de nouvelles opportunités d'affaires dans les transports, les hôtels, les centres commerciaux et les restaurants. Pour les 60 % de jeunes africains actuellement sans emploi, cela signifierait un nouveau marché du travail, ce qui limiterait également la fuite des cerveaux locaux à long terme.

Les nouvelles entreprises peuvent stimuler les progrès technologiques, tandis que la coopération des talents favoriserait l'innovation. Des talents plus enclins à rester dans leur région et une facilité accrue de faire des affaires rendraient l'Afrique plus attrayante pour les investisseurs étrangers. La suppression des restrictions sur les visas entraînerait également un plus grand nombre de voyages médicaux et éducatifs à travers le pays.

Aucune preuve empirique n'existe pour soutenir qu'une Afrique sans visa pourrait poser des problèmes de sécurité. Les avantages l'emportent définitivement sur les inconvénients avec l'augmentation du tourisme, la création d'emplois et la croissance économique globale.

Des dirigeants comme le président Paul Kagame et des organisations telles que la Banque africaine de développement ont apporté leur plein soutien à cette politique. En tant qu'entreprise privée faisant des affaires en Afrique, NAS souhaite aussi jouer son rôle en s'associant exclusivement avec les Kigali Shapers pour soutenir l'initiative #VisaFreeAfrica, une campagne mondiale pour faciliter la mobilité en Afrique.

En fin de compte, c'est un fait établi qu'il est crucial que les Africains puissent se déplacer librement sur leur continent et que nous puissions profiter d'une Afrique sans visa le plus rapidement possible.