2018 - L'année qui vient de s'écouler nous a permis de rêver simplement en levant les yeux. L'espace nous a en effet gâté: découverte d'exoplanètes similaires à la Terre autour de Trappist-1, dernier voyage de la sonde Cassini, retour sur Terre de Thomas Pesquet, éclipse solaire, observation gravitationnelle d'étoiles à neutrons ou encore la découverte d'un astéroïde interstellaire.

Espérons que 2018 sera aussi réjouissante. Le HuffPost fait le point sur les grands rendez-vous prévisibles qui nous forceront à regarder vers l'espace l'année prochaine

Janvier: le premier vol de la fusée géante de SpaceX

Image: Space X

La date n'est pas encore définie, mais le lancement aura lieu dans les 31 premiers jours de l'année, selon le centre spatial Kennedy. La Falcon Heavy est la nouvelle fusée de SpaceX. Le premier étage du lanceur est trois fois plus puissant que l'actuel fusée Falcon 9.

Le Falcon Heavy est une fusée destinée à envoyer, en priorité, des astronautes de la Nasa dans la Station spatiale internationale. Elon Musk souhaite également envoyer, grâce à ce lanceur surpuissant, des touristes spatiaux faire un tour autour de la Lune. Enfin, le but ultime du milliardaire est d'envoyer l'homme sur Mars. C'est la seconde étape d'un plan fou visant tout simplement à coloniser la planète rouge.La Falcon Heavy peut emporter 16.800 kg de matériel tout en ayant assez de carburant pour aller sur Mars. Pour son premier vol d'essai, Elon Musk a affirmé début décembre qu'il allait y placer son roadster Tesla. Si le lancement réussit, la voiture sera donc en orbite autour du Soleil. Mais il y a de grandes chances que la Falcon Heavy échoue pour son premier test.

Mars: Tess, le nouveau détecteur d'exoplanètes

Image: NASA

En 2018, vous allez certainement entendre parler d'exoplanètes. Notamment car le télescope spatial Tess devrait être lancé par la Nasa en mars (au plus tard, en novembre). Le "Transiting Exoplanet Survey Satellite" n'est autre que le successeur de Kepler, qui a permis de découvrir une majorité des plus de 3200 exoplanètes référencées.

La Nasa espère que Tess va permettre de découvrir plus de 20.000 planètes situées dans d'autres systèmes solaires que le notre. Parmi celles-ci, on peut s'attendre à quelque 500 de la taille de la Terre ou deux fois plus grandes, les "super Terres".

Pour ce faire, le télescope va observer 200.000 étoiles et essayer de scruter quand leur luminosité baisse: c'est le signe qu'une planète en orbite est en train de passer devant. En analysant les données, il est alors possible de déduire la taille et la distance de l'exoplanète.

Tess est bien plus puissant que Kepler. Avec ses 4 caméras, il devrait pouvoir observer une zone 20 fois plus grande.

31 mars: une société privée sur la Lune grâce à Google ?

D'ici au 31 mars, une société privée aura peut-être, pour la première fois, touché la Lune. En tout cas, c'est le but des entreprises Moon Express, SpaceIL, Hakuto, TeamIndus et Synergy Moon. Ce sont les cinq toujours en course pour récolter les 30 millions promis par Google dans le cadre de son concours Lunar Xprize.

Lancé il y a plus de 10 ans, en 2007, cette compétition a vu une trentaine d'équipes s'affronter. S'il n'en reste plus que 5, elles ont toutes dégoté un contrat de lancement, selon Google. Pour gagner le grand prix de 20 millions de dollars, il faut faire atterrir une sonde sur la Lune, la déplacer d'au moins 500 mètres, puis envoyer des photos et vidéos en haute définition sur la Terre.

La fin du concours est fixée au 31 mars. Mais il n'est pas impossible que la date soit (encore) repoussée. A l'origine, les fusées devaient avoir atteint la Lune en 2015. Puis en décembre 2017 et enfin en mars 2018.

Mars: l'Inde de retour sur la Lune (mais en meilleure forme)

Image: ISRO

Il se pourrait bien que la start-up gagnante se fasse damer le pion par l'Inde. En effet, le pays aux grandes ambitions spatiales devrait lancer, lors du premier trimestre, son modulaire lunaire Chandrayaan-2.

En 2008, l'Inde avait réussit à toucher la surface lunaire avec son grand frère, Chandrayaan-1. Mais l'appareil n'était qu'un simple impacteur, conçu pour s'écraser sur la surface lunaire.

Cette fois, c'est un rover de 20kg qui devrait, si tout se passe bien, se poser en douceur sur la Lune. Avec ses six roues, il devrait explorer notre satellite, collecter des échantillons et réaliser quelques expériences sur place.

5 mai: InSight, à la recherche des "tremblements de Mars"

Image: NASA

InSight est un projet de la Nasa, qui s'est allié pour l'occasion aux centres spatiaux français et allemands. Le but de ce programme scientifique: poser une sonde sur Mars destinée à analyser l'intérieur de la planète rouge.

La sonde devra, une fois sur place, creuser un petit trou à la surface et y enfouir des instruments de mesure pour prendre le poul de Mars, sa température. Et, si possible, repérer des tremblements de terre martiens. Une mission importante, car jusqu'alors, seule l'activité sismique de la Terre a été véritablement étudiée en profondeur par les chercheurs.

Juin-Juillet: arrivée du "petit frère" de Philae sur un astéroïde

Image: JAXA

Alors qu'en 2014, Philae arrivait sur Tchouri, la "Rosetta japonaise" Hayabusa-2 quittait l'atmosphère terrestre. A son bord, Mascot, un robot atterrisseur, similaire à Philae, développé par le Centre national d'étude spatiale et son équivalent allemand.

Objectif: atterrir sur l'astéroïde Ryugu. Et justement, la fin du voyage approche à grand pas. Mascot procédera à des analyses et devrait prélever des échantillons et les ramener sur terre en 2020.

C'est la suite de la mission Hayabusa, qui en 2005 s'est posé sur un astéroïde pour la première fois de l'histoire et a réussi, après plusieurs déboires, à ramener un minuscule échantillon sur Terre.

Juillet: la Nasa met le cap sur le Soleil

Image: NASA

Elle aurait pu s'appeler Icare, mais la future sonde de la Nasa qui va se rapprocher au plus près du Soleil se nommera "Parker Solar Probe".

Si ce n'est pas la première sonde à viser le Soleil et orbiter autour, ce sera le vaisseau à s'en rapprocher le plus, et de loin. En s'aidant de la force gravitationnelle de Venus, la sonde va réussir à se rapprocher à quelques 6 millions de km de notre étoile. C'est sept fois plus proche que le précédent record de la sonde Helios 2, lancée en 1976.

De la taille d'une voiture, la sonde Parker Solar sera capable de supporter une température extrême de 1400°C, grâce à un gros bouclier. Pourquoi se rapprocher si près? Car c'est à cette distance que le vent solaire accélère tellement qu'il voyage plus vite que le son. Une zone critique qui devrait nous en apprendre beaucoup sur la création de ces phénomènes, mais aussi sur la structure même du soleil.

Les scientifiques aimeraient bien comprendre plus exactement comment l'atmosphère de l'étoile peut être bien plus chaude que la surface. Plus d'un million de degrés celsius contre seulement quelque 6000. Si tout se déroule comme prévu, la sonde devrait être lancée entre le 31 juillet et le 19 août.

Août: Osiris-Rex en mode "armageddon"

Osiris-Rex est une sonde lancée en 2016 par la Nasa. Elle devrait atteindre l'orbite de l'astéroïde Bennu d'ici le mois d'août. Puis, sur place, elle analysera plusieurs éléments, récoltera des échantillons et les ramènera sur Terre en septembre 2023.

Les objectifs d'Osiris-Rex sont multiples: comprendre l'origine du système solaire et de la vie sur Terre, ou encore nous permettre de mieux nous protéger contre d'éventuels astéroïdes dangereux. Pour en savoir plus cliquez ici.

Août: des humains dans des vaisseaux privés

Après avoir testé son lanceur, le Heavy Falcon, en janvier, SpaceX devrait tester sa capsule Dragon V2 en avril. Surtout, en août, un nouveau vol aura lieu, mais habité cette fois, selon la Nasa.

A terme, le vaisseau de SpaceX devrait permettre d'envoyer les astronautes américains (qui dépendent actuellement des navettes russes) dans la Station spatiale internationale. Evidemment, Elon Musk prévoit lui d'aller à terme sur Mars.

Le même mois, c'est Boeing qui doit tester son CST-100, le concurrent direct de la Dragon V2. Ce premier test sera non-habité, précise la Nasa. Si tout se passe bien, un vol habité de test pourrait avoir lieu en novembre.

Octobre: BepiColombo part vers Mercure

Image: ESA

BepiColombo, un vaisseau mis au point par les agences spatiales européenne (ESA) et japonaise (JAXA), devrait entamer un voyage de sept ans destiné à explorer Mercure, la planète la plus mystérieuse de notre système solaire.

Ce sera la première mission de l'ESA sur la planète tellurique la plus petite, la moins explorée et la plus proche du soleil. Sa mission est "de poursuivre les recherches sur les nombreux résultats intrigants de la mission Messenger de l'agence spatiale américaine NASA, enquêtant plus que jamais auparavant sur les mystères de Mercure", a indiqué l'ESA.

L'arrivée sur Mercure est prévue le 5 décembre 2025. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Octobre: l'Europe à la rencontre du Soleil

Image: ESA

C'est un mois important pour l'ESA. En plus de BepiColombo, l'agence spatiale européenne doit également lancer sa sonde Solar Orbiter. Destination: comme pour la Nasa en juillet, le Soleil.

Le vaisseau devrai s'approcher à quelque 41 millions de kilomètres de notre étoile. C'est bien moins que la Parker Solar de la Nasa, mais la sonde sera déjà soumise à une intensité lumineuse 13 fois supérieure à celle qui touche la Terre.

Surtout, l'orbite du Solar Orbiter est très particulière. Avec sa forte inclinaison, elle va permettre de voir les pôles du Soleil comme jamais. En observant les vents solaires, les éruptions et le champ magnétique de l'étoile, la sonde de l'ESA devrait nous en apprendre plus sur l'origine du Soleil et sur son atmosphère.

Fin de l'année: les premiers vols touristiques

Virgin Spaceship Unity (VSS Unity) glides for the first time after being released from Virgin Mothership Eve (VMS Eve) over the Mojave Desert on 3rd, December 2016.
Image: VIRGIN GALACTIC

La société américaine SpaceX a conclu un contrat avec deux particuliers pour un vol autour de la Lune prévu au 4e trimestre 2018. Ces touristes voleront à bord du vaisseau spatial Dragon 2. Musk a précisé que le voyage durerait environ une semaine et qu'il faudrait parcourir entre 500.000 et 650.000 kilomètres dans l'espace pour quitter la Terre, passer près de la Lune sans s'y poser et revenir sur la planète bleue.

La société américaine n'est pas la seule à vouloir envoyer des touristes dans l'espace. Richard Branson et sa société Virgin Galactic envisagent d'envoyer plusieurs personnes en dehors de l'atmosphère terrestre d'ici fin 2018 également. Il faut tout de même rappeler que le SpaceShipTwo, le précédent vaisseau de la société, s'est crashé en 2014, tuant l'un des pilotes.

Fin de l'année: la Chine sur la face cachée de la Lune

La Chine retourne sur notre satellite naturel. Après le succès, en 2013, de la mission Chang'e-3, qui a permis au pays de se poser pour la première fois sur la surface lunaire avec un rover, rebelote en fin d'année 2018 avec Chang'e-4.

Cette nouvelle sonde est très similaire à la précédente, car elle avait été imaginée comme un remplaçant en cas d'échec de Chang'e-3. La mission, qui prévoit de récolter des échantillons et de les ramener sur Terre, va surtout explorer un endroit peu habituel: la face cachée de la Lune.