Durabilité, partage et innovation est la combinaison à faire aujourd’hui pour bâtir la ville d’après-demain. Être à la pointe des innovations qu’elles soient institutionnelles, organisationnelles ou technologiques donne une gestion plus efficiente pour le présent et une marge de manœuvre pour l’avenir.

La durabilité d’une ville ne se fait pas uniquement par l’intégration des innovations les plus récentes, mais également par l’introduction d’une démarche de modernisation touchant l’ensemble des dimensions économiques, environnementales et sociales.

La ville durable n’est pas seulement une ville verte, qui fonctionne exclusivement aux ressources renouvelables, c’est aussi une ville qui arrive à conjuguer l’innovation technologique et écologique, tout en s’assurant de conséquentes retombées économiques.

Un changement vers une ville plus intelligente doit avoir trois objectifs : améliorer les modes opératoires, redéfinir la finalité des actions et faire évoluer les modèles de rationalité.

A) Amélioration des modes opératoires : ceux-ci sont entrain de connaître trois tendances :

– Une stratégie plus globale : durant la décennie précédente, les actions politiques se sont orientées vers plus de sensibilisation aux impacts environnementaux. Actuellement, on ne s’intéresse pas uniquement au développement durable, mais aussi à l’impact économique et social, à l’évolution technologique, et même à la participation des citoyens.

– l’intelligence collective : les villes évoluent et passent vers un nouveau mode de vie basé sur l’intelligence collective. Grâce aux nombreux objets connectés, contrats intelligents ainsi que les usagers intelligents, on arrive à créer un écosystème intelligent.

– Enjeux sur l’information : Actuellement, nous-sommes en plein débat sur la place de l’information dans notre société : d’une part, pour créer une ville intelligente, l’ouverture de la data au large public est nécessaire, mais d’une autre part, cela pose la question de la confidentialité des données des citoyens.

B) La finalité des actions : la croyance selon laquelle les technologies et la croissance allaient nous assurer un avenir meilleur est en déclin, la finitude des actions publiques sont en mutations comme les modes opératoires.

C) évolutions dans les modèles de rationalité : ce qu’on considérait comme rationnel et évident auparavant ne l’est plus maintenant. L’enjeu est donc de libérer l’initiative citoyenne, encourager la créativité et rompre avec l’utopie de maîtriser l’avenir du territoire.

Pourquoi parlons-nous de Commune urbaine intelligente ?

La proportion des citoyens qui vivront en zone urbaine devrait augmenter de façon spectaculaire dans les années à venir ; d’ici 2050, près de 70% de la population mondiale sera urbaine et de nombreuses villes compteront plus de 10 millions d’habitants.

On estime que d’ici 2025, rien qu’en Chine, il y aura 221 villes de plus de 10 millions d’habitants. L’Europe compte actuellement 35 villes de ce type. Gérer de telles villes géantes en utilisant l’infrastructure traditionnelle sera impossible.

Les villes dites intelligentes, ou au moins les villes plus intelligentes, seront une nécessité plutôt qu’un luxe tant pour les mégapoles que pour les petites villes, confrontées à leurs problématiques locales.

Les populations urbaines sont les principales consommatrices de ressources. Actuellement, les villes consomment 75% des ressources et de l’énergie mondiales. Elles génèrent aussi 80% des gaz à effet de serre, en occupant seulement 2% du territoire mondial.

Cette évolution soulève un changement très important en ce qui concerne le déploiement et la gestion de tous les types d’infrastructures dans les villes. Par conséquent, ce fait doit être pris en compte par les politiques publiques développées localement dans les années à venir.

Étant donné le scénario qui montre un environnement urbain avec une demande croissante d’efficacité et de ressources, les administrations publiques doivent envisager une évolution dans les modèles de gestion des villes. Pour ce faire, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) est essentielle.

Cela s’est traduit par l’avènement du concept de Smart City qui, avec ses services, avance vers ce que l’on appelle désormais l’Internet des objets et qui est lui-même l’Internet du futur. On retrouve les premières villes intelligentes Européennes de Barcelone et d’Amsterdam. Puis le concept s’est rapidement répandu dans d’autres pays, Copenhague, Dubaï, Singapour, Hambourg et Nice, en France, et les villes américaines deviennent également plus intelligentes avec San Francisco, Chicago, New York, Miami et San Antonio.

Les bénéfices que les villes intelligentes pourraient potentiellement apporter :

*Réduction des dépenses publiques: les dépenses publiques pour la fourniture et la gestion des services publics sont réduites.

*Augmente l’efficacité et la qualité des services: permet de gérer les ressources plus efficacement et d’améliorer la qualité des services fournis.

*Fournir un soutien dans la prise de décision: la récolte des donnés de masse, faciliter l’identification des besoins de la ville et l’émergence de nouveaux services et de nouveaux besoins.

*Favorise l’innovation: fournir une plate-forme idéale pour innover, incuber de nouvelles entreprises et promouvoir le développement social.

*Fournir des informations en temps réel: améliore la sensibilisation des citoyens à l’environnement dans lequel ils vivent en fournissant des informations qui circulent en temps réel et, en même temps, améliore la transparence de l’administration. Le déploiement d’une stratégie visant à rendre une ville plus intelligente, nécessite de capitaliser l’énergie positive de plusieurs acteurs et de connecter différentes technologies.