Le même jour où Uber annonce qu’il va stopper ses tests de voitures autonomes en Arizona, les projets vacillants de voiture autonome d’Apple ont fait un pas en avant, ce qui prouve bien que ce nouveau secteur est très instable. Ce qui n’a pas l’air d’être le cas chez Waymo (Google), qui semble être sur la bonne voie pour mettre en place son service de courses en voitures autonomes.

Uber a pris la décision de fermer son centre situé à Tempe en Arizona, lieu des tests sur les SUV Volvo XC90, équipés de capteurs lidar, de caméras, de radars et d’un logiciel de conduite autonome. Cette décision est la conséquence d’un accident de la route survenu en mars dernier et qui a coûté la vie d’une piétonne qui traversait une rue le soir. Le Gouverneur de l’État Doug Ducey avait alors immédiatement ordonné à Uber de stopper les tests de véhicules autonomes, et ce, pour une durée indéterminée. Le National transportation safety board mène depuis une enquête. Cette décision a engendré la suppression de 300 emplois à temps complet, selon un porte-parole de l’entreprise.

« Nous nous sommes engagés dans la technologie de conduite autonome, et nous avons hâte de pouvoir retourner sur les routes publiques dans un futur proche », expliquait Uber dans un communiqué. « Mais nous restons focalisés sur la sécurité. Pour ce faire, nous avons fait appel à Christopher Hart, ancien membre du National transportation safety board afin de nous conseiller sur notre culture de la sécurité de manière générale ».

Uber pourrait être un des grands acteurs du secteur de la voiture autonome, mais ce programme qui paraissait rattraper ceux de Waymo et de General Motor il y a quelques mois, a besoin d’importants ajustements. Le PDG d’Uber, Dara Khosrowshahi, a dû identifier le meilleur moyen de mettre en œuvre l’Advanced technologies group d’Uber pour proposer une technologie de conduite autonome essentielle à l’avenir de l’entreprise. En plus de l’accident survenu en Arizona, le programme d’Uber a été perturbé par une bataille judiciaire qui a duré un an avec Waymo, concernant l’achat de la start-up Otto effectué par l’ancien PDG, Travis Kalanick, et l’embauche de l’ancien ingénieur de Google, Anthony Levandowski.

Ces derniers mois, les commentaires de Dara Khosrowshahi laissent penser qu’il puisse être à la recherche de partenariats plus complets avec des constructeurs automobiles que ceux qu’Uber peut avoir avec Daimler ou encore Volvo.

« Nous chercherons de réels partenaires », expliquait-il lors d’une conférence de Goldman Sachs qui a eu lieu en février dernier. « Notre but n’est pas d’avoir la seule technologie de conduite autonome. Nous voulons juste faire en sorte que tous les acteurs de la technologie de conduite autonome fassent partie de notre réseau, parce que le réseau, c’est ce que nous faisons ».

Par ailleurs, Apple a signé un accord avec Volkswagen afin que le constructeur lui fournisse des Transporter T6, qui feront partie de la flotte de voitures autonomes d’Apple, explique le New York Times, citant les acteurs proches de ce projet. Les véhicules serviront de navettes autonomes pour les employés d’Apple, explique le rapport.

Cette décision a été prise après que le géant de la tech n’ait pas réussi à conclure de partenariat avec les constructeurs allemands BMW et Mercedez-Benz, à cause de sa réticence à partager des données et des détails de conception avec ces entreprises, selon le Times.

Le programme de véhicules autonomes d’Apple fait l’objet de spéculations depuis de nombreuses années, bien que le PDG de la société, Tim Cook, n’ait jamais fourni de détails à ce sujet et que ses ambitions à long terme ne soient pas claires. Ces dernières années, l’entreprise a recruté des centaines d’ingénieurs et de techniciens pour plancher sur ce projet, même si un écrémage à eu lieu en 2017.

Puis il y a Waymo. Mardi, l’unité créée en 2016 afin de commercialiser les recherches de Google concernant la conduite autonome, a déclaré avoir promu Tekedra Mawakana au poste de « chief external officer », avant même le lancement de courses payantes en véhicules autonomes à Phoenix cette année.

« Alors que nous nous préparons pour le lancement commercial, nous avons étendu le rôle de Tekedra Mawakana en matière de politique, de communication et de marketing, reflétant ainsi les différents publics que nous souhaitons atteindre pour partager l’histoire unique de Waymo et notre engagement envers la sécurité », expliquait le PDG de Waymo John Krafick sur Twitter.

Tekedra Mawakana a été vice-présidente de la politique et du travail pour eBay, Yahoo et AOL avant de joindre Waymo en 2017.