C’est une étude publiée par le Journal of Experimental Psychology en avril dernier. Selon ses auteurs, la pratique du pouvoir augmenterait « la composante socialement toxique du narcissisme chez les personnes ayant une testostérone de base élevée ». En résumé, les personnes qui atteignent le pouvoir développeraient des tendances narcissiques déjà présentes. Parfois jusqu’au « syndrome d’hubris », ou quand le pouvoir rend fou.

C’est un « cercle vicieux » décrit par les auteurs de l’article « le pouvoir augmente la composante socialement toxique du narcissisme chez les personnes ayant une testostérone de base élevée ». Publié en avril dernier dans le Journal of Experimental Psychology, le texte met en lumières le fait que « les narcissiques ont tendance à s’élever à des positions de pouvoir abusives », et inversement que « les positions de pouvoir [peuvent] corrompre parce qu’elles gonflent le narcissisme ».Un cercle vicieux, donc, selon lequel les personnes narcissiques seraient attirées par le pouvoir et que la pratique du pouvoir rendrait encore plus narcissiques.

« Les individus narcissiques se croient tout permis », selon Nicole Mead, auteur de l’étude et professeure associée à l’université de Melbourne. « Ils exigent qu’on les respecte et attendent qu’on leur accorde des privilèges exclusifs », rapporte Slate. « Ils sont disposés à exploiter autrui pour obtenir ce qu’ils veulent. »

L’étude montre que « les détenteurs du pouvoir abusent de leur pouvoir parce qu’ils ont le pouvoir sur les autres, qu’ils se sentent supérieur ou qu’ils méritent un traitement spécial. » Et cet abus de pouvoir aurait en partie une explication hormonale. Les auteurs de l’étude expliquent que les résultats « suggèrent que les personnes ayant une testostérone élevée peuvent être enclines à abuser de leur pouvoir parce que leur pouvoir sur les autres leur donne le droit de recevoir un traitement spécial. » En résumé, les personnes ayant un taux de testostérone plus élevé sont plus aisément sous l’emprise corruptrice du pouvoir, leur narcissisme étant alimenté, elles abusent du pouvoir, et ainsi de suite.

Attention, cette étude n’a été menée que sur 206 femmes et hommes. Après avoir donné un échantillon de salive, ils ont effectué des tâches permettant de mesurer le leadership, rapporte Slate. Résultats : les personnes ayant un faible taux de testostérone ne développent pas de comportement narcissiques, même en position de pouvoir, tandis que les personnes à fort taux de testostérone augmentent leur trouble narcissique. Conclusion de l’étude : « ce travail identifie la testostérone comme une caractéristique qui contribuer au développement de la composante socialement toxique du narcissisme. Il souligne la possibilité que les positions structurelles du pouvoir et les différences individuelles dans le narcissisme se renforcent mutuellement, suggérant un cercle vicieux avec des implications personnelles, relationnelles et sociétales. »

Syndrome d’hubris

Le syndrome d’hubris, ou quand le pouvoir rend fou. Dans son ouvrage The Hubris syndrome : Bush, Blair and the intoxication of power, le médecin, ancien ministre des Affaires étrangères et diplomate David Owen décrit cette pathologie en évoquant quelques chefs d’Etats. Narcissisme, arrogance, hyper confiance, mégalomanie sont les principaux symptômes.

L’Hubris, c’est la démesure. La Vie indiquait en 2016 que selon David Owen, l’hurbis est déclenchée par l’exercice même du pouvoir, « généralement après un grand succès suivi d’une ascension irrésistible ». La conséquence principale selon l’auteur serait la prise de décisions inconsidérées.

Pour le chercheur Ian Robertson, cité par La Vie « le pouvoir absolu inonde le cerveau de dopamine. Il crée aussi une addiction. » Et le sentiment de toute puissance qui va avec.